sans commentaire...

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# Posté le jeudi 10 septembre 2009 17:14

Don Juan Le Roi Des Poètes Séducteurs....

Don Juan Le Roi Des Poètes Séducteurs....
Mélancolie
Comment Don Juan, jouisseur, avide de tous les plaisirs, peut-il engendrer la
mélancolie ? Comment voir en lui un fils de Saturne ? L'idée peut paraître étrange, et
pour tout dire, saugrenue. Pourtant, le Don Juan qui déclare à Marcello : “De la
mélancolie je ne sais rien, ami, je déteste chez l'homme la molle plainte, le flot de
larmes”, en sait bien plus long sur ce thème qu'il ne l'avoue. Le Don Juan de Lenau, qui
s'exprime ainsi à la fin du poème dramatique, reconnaît qu'un “éclair” a “mortellement
atteint a puissance d'amour”, et que “le monde devenu désert s'est couvert de
ténèbres”. Il évoque un “météore” venu du ciel, qui soudain embrase la lande, avant de
tout livrer à une nuit absolument noire.
La mélancolie du Don Juan de Lenau n'est pas un chagrin vague, mais une corrosion
radicale. La métaphore du météore rouge, brûlant tout sur son passage, et qui se réduit
enfin en cendres noires rappelle la puissance des étoiles sur l'homme : le mélancolique
vit sous le soleil noir de Saturne dans toute la tradition littéraire et iconographique. “La
matière inflammable s'est consumée, et le foyer devient froid et sombre”, écrit encore
Lenau : la bile noire de la médecine hippocratique est elle aussi un résidu concentré,
d'une extrême puissance. Cet “irréfragable noyau de nuit” est à la source de tout ce qui
fait la mélancolie : un passage soudain de la gaîté à l'abattement (l'humeur noire est
instable, sensible à la moindre variation, note le Pseudo-Aristote), un goût excessif pour
la méditation, voire la contemplation de soi-même dans une réflexivité sans limite, un
amour de la nuit, du sombre, moyen paradoxal d'accéder à la connaissance ou à la
création, et une avidité sans bornes (érotique ou intellectuelle) qui touche aux confins
du démoniaque et donne au personnage une dimension faustienne.
Dans La fin de Don Juan, projet de drame en deux pages, le héros se résume à sa
mélancolie. Baudelaire en aura sans doute assez écrit en campant son personnage
“arrivé à l'ennui et à la mélancolie”, qui se promène avec son domestique, et “parle de
son ennui mortel et de la difficulté insurmontable pour lui de trouver une occupation ou
des jouissances nouvelles”. Don Juan décide de secourir les Zingaris, afin d'apprendre
d'eux “des éléments de bonheur qu'[il] ne connaî[t] pas”. “Camp des Zingaris dans la
montagne”, annonce le poète. Là prend fin La Fin de Don Juan. Cette interruption au
moment où s'amorce l'action est significative : toute réalité concrète pétrifie le
mélancolique. Tout l'indiffère, jusqu'à lui-même. Orgueil extrême, méditation profonde
ou abandon de soi, Don Juan aux enfers du même Baudelaire voit se déployer autour
de lui toute une galerie de portraits moliéresques, témoins animés de son histoire et de
sa vie, refuse de voir ce spectacle. Le Commandeur mène la barque et le héros du
poème, “courbé sur sa rapière, /Regard[e] le sillage et ne daign[e] rien voir”.
Comme dans la tradition hippocratique, relayée par le Moyen Age, qui attribue un teint
de plomb à ceux que l'humeur noire corrompt et dévore comme un acide, Don Giovanni
a le visage sombre : “A sa gueule vous devriez / Juger la noirceur de son âme”,
commente Elvira dans le Don Juan de Mozart (I, 12). La nuit est son élément : c'est à
la fois en préromantique et en traditionnel mélancolique que Don Juan salue la nuit (II,
14). “Tu m'as gâté [...] les ombres de la nuit”, reproche Maria au Don Juan de Lenau.
L'Ombre de la nuit est le titre d'un grand poème mélancolique, dû à la plume de
l'élisabéthain Chapman : l'homme à la face noire, voué aux pleurs et à l'obscurité, y
trouve paradoxalement la source de sa force jaillissante. Ainsi le mélancolique créateur
et inspiré, ainsi Don Juan, si entreprenant à la faveur des ténèbres, et si joyeux souvent
après un intermède d'abattement. Quand le héros de Pouchkine se souvient d'une morte
(“Pauvre Inès ! elle n'est plus. Comme je l'aimais !”), c'est “avec mélancolie”. Très vite
le souvenir s'efface : “Ah ! nous avons retrouvé notre gaieté”. Et d'agir, et de reprendre
la piste : “Laura. Je cours droit chez elle”. Mais celui qui lève son verre, dans l'opéra de
Mozart, est un mélancolique à qui le vin, aurait pu noter le Pseudo-Aristote, donne une
ardeur et une joie artificielle. Que la tristesse est morne après la possession des femmes,
confie, dégrisé, le Don Juan de Lenau à son frère.
La volupté assoiffe toujours davantage, Don Juan est jeté dans le cercle infernal de
l'assouvissement qui réveille l'instinct. Cette torture n'est pas sans évoquer la “grande
tension sexuelle psychique” qui, selon Freud, caractérise le mécanisme de la
mélancolie. Dans la loge des étrangers, après le spectacle de Mozart, le narrateur du
Don Juan d'Hoffmann se demande pourquoi un tel “bon vivant,” qui aime le vin et les
filles, est distingué par les puissances infernales. La raison en est toute mélancolique :
Don Juan est “enflammé par les séductions de la vie”, qui s'exercent “sur son
organisme physique et spirituel”. Son “désir éternellement brûlant” le pousse à “saisir
avidement et sans répit toutes les formes du monde terrestre”. Il en résulte un dégoût
immense, péché et maladie à la fois, que réprouve une morale chrétienne tout imprégnée
du souvenir de l'acedia médiévale, refus du monde et haine de Dieu. Dans sa fuite en
avant, Don Juan jouit “jusqu'à la sasiété, jusqu'à l'ivresse destructive”. Cherchant en
vain un idéal trop élevé, il finit par trouver toute vie terrestre “terne et plate”. Il
recherche dans l'assouvissement sexuel un absolu teinté de soufre à force d'être
excessif. Faire l'amour est pour lui, selon Hoffmann, “un acte d'ironie sacrilège envers
la nature et envers le créateur”.
La tradition de la mélancolie érotique n'est certes pas nouvelle : Burton dans
L'Anatomie de la Mélancolie, compilant ses sources, en dresse une sorte de
bibliographie édifiante. Celui qui se livre à trop d'amour est touché par l'excès de bile
noire, tout comme celui qui se voue à d'austères études, qui réfléchit trop, et qui en
conséquence ne saurait être naturel et se regarde sans cesse agir. A ce titre, même le
Dom Juan de Molière, avec son libertinage philosophique, rejoindrait la cohorte des
Don Juan de mélancolie. Apprendre, apprendre ! Le péché de Don Juan est aussi la
libido sciendi.. Les deux folies mélancoliques, érotique et intellectuelle, sont proches :
le Don Juan de Gautier, dans La Comédie de la mort (VII), regrette de n'avoir pas
“comme Faust”, préféré la “cellule sombre”, les “heures noires” passées à étudier, les
“cabales et grimoires” de l'alchimiste érudit, à la voie de l'amour, “mauvais maître”, et
à la “trompeuse volupté”. Il voudrait avoir “bu” le “rire amer” de la science, amer
comme l'est la bile noire, riant d'un rire satirique comme aurait pu rire Burton sous le
pseudonyme de Démocrite Junior. Qui saura “fai[re] descendre l'étoile/dans on noir
atelier” ? Le poète demande à Saturne, anti-Vénus, de descendre pour lui des cieux :
c'est là une folie que Faust n'aurait pas désavouée dans son orgueil.
Tel est le vrai Don Juan mélancolique, digne héritier du beau mal de méditer allié à la
sombre pulsion d'Eros. Mais la mélancolie est parfois, à l'époque romantique, un
synonyme assez banal de spleen, abattement, dégoût ou ennui. Ce Don Juan “triste”, qui
“repasse toute sa vie”, dans le projet de roman Une nuit de Don Juan, de Flaubert,
ressent seulement l'“ennui de la femme possédée déjà”, égayé par une vague curiosité
encyclopédique : “autant de femmes, autant de désirs et de voluptés”...
Peut-on affirmer que les romantiques (et cet inclassable romantique tardif qu'est Lenau)
sont plus sensibles que d'autres au revers noir de Don Juan, quand le seul héros
moderne possible pour une épopée (Don Juan), qui choisit l'isolement de la forêt pour y
souffrir en paix, n'est que prétexte à disserter sur le peu de mérite de la poésie et à
égratigner Wordsworth (I, 87-90) ? Byron, qui excelle dans l'art de la digression
d'auteur, voudrait pleurer, mais sa muse n'est pas “larmoyante” (II, 16). Il confie au
lecteur qu'il passe ses soirées seul (“that's the reason I'm so melancholy”, V, 58) sans
parvenir à l'émouvoir par cet aveu importun. Qu'est-ce donc en fait que la mélancolie,
sinon un principe de composition poétique ? La mélancolique gaîté (“melancholy
merriment”), permet au poète de varier ses effets et de ne point “endormir les gens”
(VIII, 89). Ainsi, l'émotion que provoque un récit touchant ou une belle période sera-telle
cassée sans égard pour sa belle efficacité. Comme gênée par un sublime si fort, et
donc si proche du ridicule, elle se sabordera dans l'autodérision.
Est-ce là le dernier avatar de la réflexivité mélancolique, liée à une inhibition de
l'action ? Don Juan, certes, agit. Faisant l'amour avec toutes les femmes, il ne saurait
être mélancolique. Mais qu'est-ce que Don Juan, sinon justement un mythe littéraire,
qui donne à rêver sans assouvir ? Parce qu'il est donné comme réalisant en vrai, lui
dérisoire personnage de papier, un si ardent rêve de chair, le personnage de Don Juan,
exemplaire en cela du fonctionnement de toute la littérature, confine comme elle à une
mélancolie structurellement sans issue.
Anne Larue

# Posté le mercredi 05 août 2009 10:02

moi a la maison

moi a la maison
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# Posté le samedi 01 août 2009 19:50

l'A4 Quattro..

l'A4 Quattro..
pas mal avec ma tente dedans

# Posté le samedi 01 août 2009 19:41

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 07:51

la s-line

la s-line
en bas de chez la mariée...

# Posté le samedi 01 août 2009 19:18

Modifié le samedi 01 août 2009 19:40

toujours elle

toujours elle
a la déscente de bouyala

# Posté le samedi 01 août 2009 19:14

lors du cortège..

lors du cortège..
il était vraiment au top ce cortège...

# Posté le samedi 01 août 2009 19:03

j'adore cette fille....

j'adore cette fille....
élisha t'es une bombe...

# Posté le dimanche 12 juillet 2009 08:47